Atittaya, Chiang Rai

Sentada plácidamente en su taller, sus manos hacen volar de lado a lado la lanzadera, una pieza de madera en forma de barca, heredada de su abuela, que contiene una bobina de hilo de mil colores. Sus hábiles y diestros movimientos siguen el ritmo que marca el baile de sus pies sobre los pedales de la máquina. Su concentración es total, casi en trance, un sólo error en el repetitivo movimiento de sus manos, y el patrón de la tela se vendría abajo, perdiendo horas de trabajo.

Assise à son atelier, elle passe et repasse la navette, ce morceau de bois en forme de barque lui venant de sa grand-mère et contenant la bobine de fil multicolore. Avec adresse et dextérité, elle effectue ses mouvements de pair avec le jeu de ses pieds sur les pédales. Si le va-et-vient de ses mains rend la tâche monotone, sa concentration est au maximum. Une seule erreur et ce sera tout le motif de son ouvrage qui sera rompu, autant dire des heures de travail perdues.

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Atittaya, o Ati, viene de una región del nordeste de Tailandia, donde los locales son considerados como laosianos por los tailandeses. Aprendió el arte del tejido tradicional tan joven que no recuerda la primera vez que sostuvo un hilo de algodón entre sus manos. Su taller está situado desde hace ya más de tres años en el Museo de las Tribus Montañesas, en Chiang Rai, donde además de saciar la sed de conocimiento de los visitantes que se acercan curiosos a descubrir las técnicas de tejido tradicional, siempre que puede se abandona a la creación de sus propios diseños.

Atittaya, dite Ati, vient du Nord Est de la Thaïlande où elle et les siens sont considérés comme Lao par les autres Thaïlandais. Très jeune, elle a appris l’art du tissage traditionnel, tellement jeune qu’elle ne se souvient plus de la première fois où elle a tenu du coton dans les mains. Depuis plus de trois ans, notre tisserande tient son petit studio de couture au sein du Musée des Tribus Montagnardes à Chiang Rai, où tout en étanchant la soif de connaissance des visiteurs curieux d’en savoir plus sur les techniques de tissage traditionnel, elle s’adonne à la création de ses propres modèles.

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Nos cuenta que se acuerda perfectamente del día que llegó a Chiang Rai, diez años atrás. Fué un día como cualquier otro, en el que decidió ir al mercado y, mientras paseaba entre cientos de bufandas pensó: “yo lo podría hacer mejor!”. Y tras muchos años de duro trabajo, el esfuerzo comienza a dar sus frutos. Hoy Ati teje y vende bufandas, vestidos, simples y elegantes, cubrecamas, bolsos y hasta manteles, ante el embelesamiento de los visitantes que pasan por aquí.

Atittaya se souvient parfaitement du jour où elle est arrivée à Chiang Rai, il y a dix ans. Alors qu’elle se promenait sur le marché où s’étalaient des écharpes, une idée a traversé son esprit et elle s’est exclamée : « je peux faire bien mieux que ça ! ». Des années de préparation plus tard, ses efforts ont fini par porter leurs fruits. Aujourd’hui, Ati vend non seulement des écharpes, mais également des robes, simples et élégantes, des couvre-lits, des sacs ou encore des serviettes de table, qui font le ravissement des visiteurs passant par là au hasard.

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Ati utiliza exclusivamente materiales y colores naturales. Compra algodón orgánico o usa el que le trae su madre de las montañas del norte, para después teñirlo al color deseado. Su tinte preferido es el índigo, que protege contra las quemaduras de sol, y que produce ella misma a partir de una planta que cultiva en la terraza de su taller. El resto de colores que utiliza, amarillo, ocre, marrón, provienen de diversos árboles como el mango, el ébano o el árbol de Neem.

Ati n’utilise que des matières et des couleurs naturelles. Elle achète seulement du coton bio ou se sert de celui que sa mère produit elle-même, là-bas dans les montagnes du Nord, pour le teindre ensuite de la couleur désirée. Sa couleur de prédilection est l’indigo, qui protège notamment contre les coups de soleil, et qu’elle peut produire toute seule, à partir d’une petite plante qu’elle fait pousser sur la terrasse de son atelier. Pour les autres couleurs, le jaune, l’ocre ou le brun, elles proviennent de l’écorce de différents arbres comme le manguier, l’ébène ou encore l’arbre de Neem.

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Mientras Atittaya nos va mostrando todo su taller y toda la “maquinaria” que lo conforma, un brillo de orgullo llena su mirada. Nuestra costurera es una mujer que se ha hecho a sí misma, y no se detiene ante ninguna dificultad. Cuando el carpintero le dice que no puede construirle el módulo que necesita, ella misma se lanza manos a la obra, y a base de reciclaje, ingenio y perseverancia, construye con sus propias manos todos los utensilios tradicionales que necesita.

Lorsque Atittaya nous présente son atelier et les différentes machines qui le composent, un éclair de fierté brille dans son regard lumineux. Car notre couturière est une vraie self-made woman, et aucun obstacle ne l’arrête. Le menuisier lui dit être incapable de concevoir le module dont elle a besoin ? Elle s’attelle elle-même à la tâche. Et à base de recyclage, d’ingéniosité et de persévérance, elle a construit une par une ses propres machines de couture traditionnelle.

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Desde las recónditas montañas que la vieron nacer, donde su abuelo la llamaba “monita” y pasaba su tiempo yendo de caza con sus hermanos, hoy Ati es una mujer feliz y realizada, enamorada de su trabajo. Los visitantes que llegan caen rendidos ante el encanto de la costurera, y tras darles la bienvenida, Ati vuelve a colocarse frente a su máquina de tejer y, con gracia y elegancia, retoma la tarea con el suave vaivén de sus manos y el armónico baile de pies, ante el deslumbramiento de los hechizados espectadores.

De la montagne d’où elle vient où, lorsqu’elle était petite, son grand-père l’appelait le petit singe et où elle passait son temps à aller chasser avec ses frères, Ati est désormais une femme heureuse et accomplie, aimant profondément ce qu’elle fait. Des visiteurs arrivent et tombent à leur tour sous le charme de notre tisserande. Ati retourne se placer face à son métier à tisser, et avec grâce, reprend la danse de ses pieds et le va-et-vient de ses mains, sous le regard ébloui de ces spectateurs.

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www.atittaya.biz.st

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