Bhonekyee, Yangon

Los primeros rayos de sol se escurren entre los balcones, mientras humos y olores de aceite frito empiezan a llenar los callejones. Tras una esquina aparece una fila formada por decenas de pies desnudos que avanzan decididos por las húmedas y sucias calles de un suburbio cualquiera de Yangon, en una silenciosa procesión que contrasta con el bullicio de la ciudad. Pies grandes, pequeños, curtidos y polvorientos marchan sobre asfalto, tierra y agua encharcada. Sobre ellos, un grupo de monjes budistas desfila día tras día con el objetivo de aprovisionar a su comunidad de alimentos y otros menesteres, en lo que se conoce como la ronda de limosnas.

Alors que les premiers rayons de soleil se faufilent entre les balcons, des odeurs d’huile frite commencent à envahir l’atmosphère. A un croisement, une longue file apparaît, formée par des douzaines de pieds nus avançant de manière décidée dans les rues sales et humides d’une banlieue quelconque de Yangon, dans une procession silencieuse contrastant avec la rumeur constante de la ville. De grands pieds et de petits pieds, brûlés et poussiéreux, frappent en cadence le bitume, la terre et l’eau boueuse. Au dessus d’eux, un groupe de moines bouddhistes défilent jour après jour afin d’approvisionner leur communauté en nourriture et autres besoins, dans une ronde connue sous le nom de quête des moines.

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Estos monjes forman parte de la comunidad del ThaBarWa Meditation Center y hoy nos dejan acompañarlos y ayudarlos en su desfile matutino. En este centro budista, situado a unos pocos kilómetros de la antigua capital de Myanmar, viven centenares de personas entre monjes, monjas, novicios, enfermos, ancianos, niños, yogis y voluntarios venidos de todo el mundo, entre los que nos contamos nosotros. Viajeros de los cinco continentes llegan a este lugar para dedicarse a la meditación y al altruismo durante unos días, mientras conviven con los monjes y el resto de habitantes del centro.

Ces moines font partie de la communauté du centre de méditation ThaBarWa, et aujourd’hui ils nous laissent les accompagner et les aider dans leur quête matinale. Dans ce centre bouddhiste situé à quelques kilomètres de l’ancienne capitale du Myanmar, des centaines de personnes vivent, parmi elles des moines, des nonnes, des novices, des malades, des personnes âgées, des enfants, des yogis ou encore des volontaires venus du monde entier, dont nous deux. Des voyageurs des cinq continents arrivent à cet endroit pour se dédier à la méditation et l’altruisme le temps de quelques jours tout en cohabitant avec les moines et autres résidents du centre.

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Un monje, o bhonekyee en birmano, puede comenzar su vida monástica en cualquier momento de su vida. Hay algunos que comienzan este camino desde niños, pero también hay muchos otros que toman esta decisión más tardíamente, sin importar la edad, a menudo huyendo o buscando algo, alejándose del sufrimiento, persiguiendo la felicidad. Uno de ellos, por ejemplo, nos contó cómo tras su divorcio y su descenso a las entrañas del alcoholismo, encontró una segunda oportunidad en la vida monástica hacia la realización y la paz interior. Sus vidas se transforman en un lugar donde se les enseña la “verdad”, la impermanencia, el desapego hacia todo, hacia sus familias, amigos, hacia todo tipo de sentimiento, positivo o negativo, hacia lo material, hacia los vicios. Tabaco, smartphones y bettel no parecen entrar en tales categorías.

Un moine, ou bhonekyee en birman, peut commencer sa vie monastique à tout moment de son existence. Certains empruntent ce chemin enfants, tandis que bien d’autres font ce choix plus tard, indépendamment de leur âge, souvent pour fuir ou chercher quelque chose, s’éloigner de la souffrance, poursuivre le bonheur. L’un d’eux, par exemple, nous explique qu’après son divorce et sa descente dans l’enfer de l’alcoolisme, il a finalement trouvé une deuxième chance dans la vie monastique vers la réalisation et la paix intérieure. Leurs vies se transforment dans un lieu où on leur apprend la “vérité”, l’impermanence, le détachement de tout, de leurs familles, amis, de tout type de sentiments, positifs comme négatifs, du matériel, des vices. Le tabac, les smartphones et le bétel ne semblent pas rentrer dans ces catégories.

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El día a día de un bhonekyee es implacablemente monótono. La rutina comienza hacia las cuatro de la mañana, cuando los primeros ojos se empiezan a abrir y uno se percata que los cánticos o rezos que sonaban la noche anterior por los altavoces siguen ahí. Se medita, se reza, se desayuna y se va a hacer la ronda de limosnas. Al volver se come, se aprenden las escrituras a base de infinita repetición, se reza, se medita otra vez, se vuelven a leer las escrituras, se copian, se reza y se vuelve a meditar. Cuando vamos a dormir los altavoces vuelven a conectarse y la repetitiva voz suena de nuevo, llenando un silencio que no llega jamás.

Le quotidien d’un bhonekyee est particulièrement monotone. La routine commence aux alentours de quatre heures du matin lorsque les premiers yeux s’ouvrent et que les consciences s’éveillent et se rendent comptent que les chants qui grésillaient des hauts-parleurs la veille continuent à sonner et n’ont finalement jamais arrêté. Au programme de la journée : méditation, prière, petit-déjeuner, quête. Au retour, déjeuner, apprentissage des écritures à partir d’interminables répétitions, prière, méditation à nouveau, relecture et recopiage des écritures, prière, méditation encore une fois. Au moment du coucher, les hauts-parleurs se remettent en route, et la voix répétitive reprend son inlassable chant, remplissant un silence qui n’arrive jamais.

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En la sociedad birmana, el budismo y la figura del monje tienen un rol principal. La gente ve a los hombres de granate como personas santas, casi mágicas. Cada día preparan su donación, en forma de arroz hervido, arroz frito, arroz crudo, fruta, platos cocinados, dinero. Cualquier muestra de generosidad que ayude a las comunidades de los monasterios a poder seguir su vida desapegada. Hombres y mujeres, ancianos, niños, gente corriente, que día tras día aguardan delante de sus portales, impasibles, hasta que con los primeros rayos de sol aparecen de nuevo aquellos silenciosos pies desnudos, sucios y polvorientos, pero llenos de paz.

Dans la société birmane, le bouddhisme et la figure du moine ont un rôle primordial. Les gens voient les hommes vêtus de rouge grenat comme des sains, presque magiques. Chaque jour, ils préparent leur donation, sous la forme de riz bouilli, de riz frit, de riz cru, de fruits, de plats cuisinés ou encore d’argent. Toute démonstration de générosité aidant les communautés des monastères à pouvoir continuer de vivre leur vie détachée. Des hommes et des femmes, des personnes âgées, des enfants, des personnes courantes, qui jour après jour font le pied de grue devant leurs portails, impassibles, jusqu’à ce qu’avec les premiers rayons du soleil apparaissent de nouveau ces silencieux pieds nus, sales et poussiéreux, mais remplis de paix.

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